GRADES ET HIERACHIE DANS LA MARINE IMPERIALE

        L'organisation hiérarchique de la Marine est restée pratiquement inchangée sous la Révolution et sous l'Empire. On distinguait déjà les trois grands groupes de grades : équipage, maistrance et officiers.

  • l'équipage, composé des matelots (de première à sixième classe), regroupe trois ensembles : la basse paye, la moyenne paye et la haute paye. A l'intérieur de ce dernier groupe se rencontrent les matelots spécialisés* comme les gabiers, chargés de monter dans les mâts, les aides timoniers et les timoniers. Capacité et ancienneté (il fallait au minimum trente mois de service pour devenir timonier) se conjuguaient pour les promotions.

  • la maistrance, composée des officiers mariniers (premiers maîtres, seconds maîtres, contremaîtres et quartiers maîtres), est elle-même divisée en quatre groupes :

    • les officiers mariniers de la manœuvre, groupe très hiérarchisé avec les patrons de canots, les bossemans chargés de la manœuvre des ancres, les patrons de chaloupe, et enfin les maîtres d'équipage;

    • les officiers mariniers du canonnage, qui ont la charge de l'artillerie;

    • les officiers mariniers dits "des métiers", qui comprennent les calfats, les voiliers et les charpentiers;

    • les aides-pilotes et les pilotes, groupe qui fournira une importante partie des officiers de la Révolution et de l'Empire (en 1811, ce sont 22% des lieutenants de vaisseau en activité qui en sont issus !).

Uniformes de vice-amiral, capitaine de vaisseau et de lieutenant de vaisseau

  • les officiers, dont le premier grade, celui d'aspirant, est occupé par des jeunes gens qui se préparent au métier. Ils sont ensuite nommés enseignes de vaisseau, et parfois même directement au grade supérieur de lieutenant de vaisseau. Les officiers supérieurs sont les capitaines de frégate et les capitaines de vaisseau, alors qu'il existe deux grades pour les officiers généraux : contre-amiral et vice-amiral.

          Les soldes sont le reflet de cette hiérarchie : en 1808, un matelot perçoit 366 francs par an, un officier marinier 1080 francs, un capitaine de vaisseau 4600 francs.

(Besoin d'une correspondance des grades marine/armée de terre ? Cliquez ici Ø )


L'organisation de l'état-major de la marine Impériale en quelques chiffres :

 

  Composition des cadres (nombre prévu par décret)

Composition des cadres (effectifs en 1814)

Grand amiral 

1 Murat* (décret du 2 février 1805)

Inspecteurs généraux

4 4

Vice-amiraux

10 8
Contre-amiraux   23

Capitaines de Vaisseau

156 161, dont 17 chefs de division

Capitaines de Frégate

231 219

Lieutenants de Vaisseau

729 764

Enseignes de Vaisseau

784 808

Aspirants de 1ère classe

495 176

* la fonction de Grand Amiral de France est purement honorifique; Murat l'a très bien compris et respecte scrupuleusement cette règle, se contentant de recevoir les officiers de marine, avec beaucoup de faste et de bienveillance, dans son palais de l'Elysée.

Murat, Grand Amiral de France


Nota :

        Les gabiers sont l'élite des matelots. Ce sont eux qui sont capables de grimper dans les mâtures et les gréements par tous les temps. En raison des risques encourus, ils reçoivent une solde sensiblement plus élevée que les autres matelots. Ils constituent une petite minorité, recrutée parmi les marins au long cours ou de la grande pêche hauturière. La majeure partie des matelots est réservée aux "manœuvres basses" : manœuvre des embarcations, timonerie, canonnage. Ils travaillent avec les novices, les mousses et les soldats.

        Entité autonome, le navire de guerre réunit tous les corps de métier : charpentiers, calfats, voiliers, armuriers, domestiques, cambusiers et magasiniers (veillant sur les vivres), cuisinier ou maître coq (essentiel au moral et à la bonne humeur des marins). Ces personnels non combattants sont surnommés 'les fainéants" par les autres matelots.

 

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