LES MARINS DE L'EMPEREUR
Denis DECRES
(Chaumont, 18 juin 1761 - Paris, 7 décembre 1820)

Né d'un père officier de cavalerie, Decrès devient aspirant-garde de la marine en 1779, puis participe à la bataille des Saintes en 1782 où il est promu enseigne de vaisseau. Lieutenant de Vaisseau en 1786, il commande la goélette La Nymphe, avec laquelle il effectue une mission qui lui vaut les éloges du ministre, le maréchal de Castries.
Après la paix, il fait campagne aux Antilles et participe à la campagne des Indes en 1791. En 1793, il est fait capitaine de vaisseau, et envoyé en France pour demander des renforts. Arrivé à Lorient en février 1794, il est destitué comme noble, puis réintégré en juin 1795. En octobre, il prend le commandement du vaisseau de 80 canons Le Formidable, avec lequel il se rend à Brest pour participer à l'expédition d'Irlande de 1796. Il est promu chef de division en mars 1797, puis contre-amiral en avril 1798. Il est choisi par Bonaparte pour commander les frégates de Brueys dans l'expédition d'Egypte et assiste à la bataille d'Aboukir, d'où il réussit à rejoindre Malte avec Villeneuve. Tentant de rallier Toulon en mars 1800 avec le vaisseau Le Guillaume Tell, il résiste neuf heures à deux vaisseaux et une frégate anglaise. prisonnier, il rencontre Nelson à Palerme, où il sera traité avec égards. Il est échangé en août 1800.
Préfet maritime de Lorient en 1800, il commande l'escadre de Rochefort en 1801 avant d'être choisi par le premier Consul le 2 octobre 1801 pour occuper le poste de ministre de la Marine à la place de l'ingénieur Pierre Alexandre Forfait.
Vice-amiral le 30 mai 1804, duc en avril 1813, il reste ministre jusqu'en 1814. Resté fidèle à Napoléon, il retrouve son portefeuille durant les cent jours (20 mars au 22 juin 1815).
Héritant d'une flotte qui n'a pas les moyens des missions qui vont lui être imparties, il va cependant seconder avec efficacité Napoléon dans l'œuvre de reconstruction de la Marine, avant et après Trafalgar. Adversaire de la flottille de Boulogne, partisan de la guerre au commerce, il pousse à l'utilisation et à la construction de frégates. Mais la chute des colonies françaises, points de ravitaillement essentiels, qui tombent les uns après les autres, entraîne finalement son échec.
Il meurt à Paris le 7 décembre 1820 à la suite d'une tentative d'assassinat par son valet de chambre.
Outre le fait d'être bien connu pour détester les passes droits, voici le portrait qu'en fit son contemporain Louis Nicolas : " Probe, spirituel, mais dur et d'esprit chagrin, jaloux de toute supériorité, sceptique sur la valeur de l'instrument qu'il forge, adversaire de toute opération et même de tout mouvement, Decrès organise une solide administration". Decrès fut ainsi détesté par ses collaborateurs au ministère, car il n'avait promu que des éléments médiocres, mais il joua un rôle considérable dans l'organisation de la marine et le perfectionnement de son matériel.
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